Deuil national, hommage national, obsèques nationales : quelles différences ?

Emmanuel Macron a décrété une journée de deuil national, ce lundi 30 septembre, en hommage à l’ancien président de la République, Jacques Chirac, décédé le 26 septembre dernier. Mais concrètement, en quoi consiste cet hommage ?

Deuil national

Prévu dans la loi française « pour marquer l’hommage de la Nation à un président de la République défunt ou à des personnes décédées dans des circonstances marquantes », il consiste essentiellement à la mise en berne des drapeaux.
Il n’y a pas d’obligations sur la durée, même si en général, il se déroule sur une journée. A la suite des attentats de Paris puis de Nice en 2015 et 2016, trois jours de deuil national avaient été décrétés par François Hollande, alors président de la République.

Décrété par le président de la République, c’est le Premier ministre qui en fixe les modalités. En 1958, le premier deuil national de l’histoire de la Ve république est décrété en hommage à Charles De Gaulle. Léo Hammon, alors Premier ministre annonce « les écoles, les administrations chômeront. Les spectacles seront fermés ».

Les précédents deuils nationaux

C’est la huitième fois qu’un deuil national est décrété depuis le début de la Ve République en 1958.

Deuil national VS hommage national et obsèques nationales

Le deuil national, à la différence de l’hommage national ou des obsèques nationales n’est pas une cérémonie.

L’hommage national est aussi pris sous décision du président de la République et est inscrit au Journal officiel. Il est réservé aux militaires et aux personnalités dont le destin a marqué la République française. La cérémonie prend place dans la cour d’honneur des Invalides ou au Panthéon. Le cercueil du défunt est alors recouvert du drapeau national et le chef de l’État prononce un éloge funèbre.
Les académiciens Simone Veil et Jean d’Ormesson en 2017 ou le gendarme Arnaud Beltrame, tué lors de la prise d’otage dans un supermarché de Trèbes (Aude) en 2018, ont eu le droit à cet hommage. 

Pour Jacques Chirac, c’est un hommage populaire qui lui a été rendu dimanche 29 septembre. Similaire à l’hommage national dans son déroulement, il est plus libre et moins formel. Il n’avait été, jusque là, mis en place uniquement pour Johnny Hallyday. Le président de la République n’est alors que le porte-parole du peuple. 

Les obsèques nationales relèvent d’un décret du président de la République. Les frais de cet hommage sont exclusivement pris en charge par l’État. Charles De Gaulle et François Mitterrand les avaient notamment refusées par testament, lui préférant un deuil national, où les frais ne reviennent pas totalement à l’État.

En cette journée de deuil national, rien n’empêche les initiatives spontanées comme celle de l’équipe de France de Rugby. En déplacement au Japon où elle participe à la coupe du monde de Rugby, elle a observé une minute de silence.

Noémie Javey

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