Incendie de Rouen : dans les Hauts-de-France, « la situation n’est pas catastrophique »

À la suite de l’incendie à l’usine Lubrizol, survenu jeudi 26 septembre à Rouen, la dispersion du nuage de fumée inquiète jusque dans les Hauts-de-France, où des traces de suie ont été relevées à différents endroits. Frédéric Decker, météorologue pour l’agence de prévisions Metéonews, fait le point sur la situation dans la région et les risques de pollution.

Jeudi 26 septembre, l’incendie de l’usine Lubrizol, à Rouen, a créé un impressionnant nuage de fumée, contenant différents polluants comme des hydrocarbures ou de la suie. Les fortes rafales de vent qui ont été enregistrées peu après l’incendie ont entraîné la dispersion du nuage jusque dans les Hauts-de-France. Ce week-end, sur les réseaux sociaux, des habitants de la région ont posté des images faisant état de traces de suie, comme le député du Nord Adrien Quatennens.

La préfecture des Hauts-de-France a dévoilé, lundi 30 septembre, la liste des communes du Nord et du Pas-de-Calais qui ont été touchées par les retombées de suie. Il s’agit de Douai, Villereau, Avesnes-le-Comte, Beaudricourt et Saint-Pol-sur-Ternoise. Certains s’inquiètent des conséquences des risques de pollution. Nous faisons le point avec le météorologue Frédéric Decker, de l’agence de prévisions Météonews.

Le nuage de fumée s’est dispersé et a maintenant atteint les Hauts-de-France. Quelle est la situation sanitaire, aujourd’hui, dans le département ?

Dans l’air, la situation s’est nettement améliorée depuis ce week-end, grâce aux grosses rafales de vent qui ont traversé la région. Les rafales, qui sont allées de 70 à 100 kilomètres/heure, ont permis de complètement disperser les polluants dans l’atmosphère. En revanche, en ce qui concerne les sols, il y a des conséquences plus importantes, avec une pollution faible à modérée. Les pluies tombées ce week-end ont déposé de la suie dans le secteur Nord-Est de Rouen, en particulier dans la Somme, qui est le département le plus pollué sur les Hauts-de-France.

Y a-t-il des précautions à prendre concernant les produits issus des récoltes situées sur ces zones des Hauts-de-France ?

Même si la situation n’est pas catastrophique et que, pour l’heure, il n’y a pas de contre-indications officielles venant du gouvernement ou d’élus locaux, il vaut mieux ne pas utiliser et consommer les produits venant des régions d’Abbeville, Amiens, jusqu’à l’Est de la Somme. En réalité, il faut prendre les mêmes précautions que celles qui sont prises près de Rouen c’est-à-dire ne pas consommer les cultures des zones les plus touchées (citées précédemment).

Faut-il s’inquiéter des traces de suie identifiées par certains habitants de la région ?

Tout d’abord, il est possible de confirmer que les traces de suie viennent directement de l’incendie de Rouen. Les vents étaient de secteur sud-ouest au moment de l’incendie et ont emporté ce nuage en direction de Lannion puis Cambrai, Lille, et même quasiment jusqu’à l’Ouest de la Belgique. Les pluies de ce week-end ont fait redescendre la suie jusqu’au sol. Néanmoins, plus on est éloigné de Rouen, moins les effets sont marqués pour les habitants. Donc la situation n’est pas catastrophique. La « chance », c’est qu’il y a eu beaucoup de vent au moment de l’incendie et que les polluants ont été au moins partiellement dispersés juste après. Cela a permis de ne pas avoir de trop grosses concentrations de polluants.

Juliette Bénézit

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