L’héritage de Jacques Chirac chez les jeunes : « Il était libre, il s’en foutait des normes »

Lundi 26 septembre, jour de deuil national consacré à Jacques Chirac, les élèves et les étudiants ont été appelés à observer une minute de silence. À l’Université catholique de Lille, les jeunes nous parlent de leur rapport à l’ancien président de la République, devenu icône de la Pop culture malgré lui.

Sur les bancs de l’amphithéâtre René-Théry, des étudiants de première année, inscrits à l’Université catholique de Lille, ont commencé leur cours d’économie par un rituel inhabituel. À 15 heures, comme dans le reste de la France, ils ont été invités à observer une minute de silence en hommage à Jacques Chirac. Peu avant le début du cours, les étudiants nous ont livré leur sentiment sur l’ancien président de la République. Plus que ses réformes, c’est son style que ces jeunes, nés pour la plupart pendant son premier septennat (1995-2002), retiennent incontestablement. 

Romane, 18 ans, le confirme : « Je ne sais pas ce qu’il a fait exactement, on n’a pas grandi avec lui. Il est de la génération de nos parents ». Et cette étudiante en première année de poursuivre : « Il était surtout moins carré que les hommes politiques d’aujourd’hui. Plus frivole, plus libre ». Rentré dans la pop culture, Jacques Chirac a marqué cette génération par des éléments qui relèvent plus de son attitude que de ses actions politiques.

« Il n’était pas politiquement correct »

Interrogé à ce sujet, Guerlain, 18 ans, lui aussi étudiant en première année d’économie, détaille : « Pour moi, quand je pense à Chirac, je pense à la vidéo où on le voit réciter le nom des joueurs de l’équipe de France, en 1998 ». Son camarade, Amory, poursuit : « Moi je pense à l’image où on le voit sauter au-dessus du tourniquet du métro ». « Chirac, c’était aussi le salon de l’agriculture », ajoute Apolline. Bref, un bon vivant. Tous s’accordent en outre sur un point : « Il s’en foutait des normes, il n’était pas politiquement correct. Et c’était une bonne chose », complète Apolline.

« Je ne pourrai pas dire exactement ce qu’il a fait »

En revanche, les étudiants sont moins bavards sur sa politique. « Je ne pourrai pas dire exactement ce qu’il a fait », explique Guerlain. « Le passage au quinquennat ? L’interdiction de la cigarette ? », interroge son camarade Amory. « C’est vrai que je sais seulement que c’était un grand politique de droite mais je ne sais pas ce qu’il faisait spécialement », ajoute Martin, étudiant en finance qui vient d’arriver sur les bancs de l’Université à la rentrée. Aucun d’entre eux ne mentionne ses ennuis judiciaires.

Si tous disent ne pas nécessairement s’identifier politiquement à Jacques Chirac, ils estiment néanmoins que la minute de silence était nécessaire. « Qu’on soit d’accord ou pas avec lui, c’est un ancien président de la République, on lui doit du respect », relate Romane. « C’est normal pour une telle personnalité », ponctue Apolline.

Punchlines célèbres, produits dérivés, Jacques Chirac est devenu plus qu’un président de la République : une véritable marque.

Juliette Bénézit et Adrien Hémard

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