Octobre Rose : trois questions sur le cancer du sein

À partir de mardi, le mois d’octobre prend une teinte rosée. Depuis 26 ans, octobre est dédié à la sensibilisation sur le cancer du sein. Immense campagne organisée sur toute la France par l’association Le Cancer du Sein, Parlons-en !, Octobre Rose est un moyen d’intensifier l’information et de mobiliser autour de ce cancer, qui est le plus meurtrier chez les femmes, alors que celles-ci boudent les dépistages.

Pourquoi un mois dédié à la sensibilisation du cancer du sein ?

Aujourd’hui, comment est dépisté le cancer du sein ?

Depuis 2004, un programme de dépistage gratuit et généralisé pour toutes les femmes de 50 à 70 ans a été mis en place, ce qui concerne environ 10 millions de personnes. Tous les deux ans, elles reçoivent une invitation à bénéficier d’un examen clinique des seins et d’une mammographie de dépistage. Pourquoi cette tranche d’âge ? Deux tiers des cancers du sein se développent chez les femmes de plus de 50 ans.

Pour les jeunes femmes, une consultation leur est proposée depuis le 1er janvier 2018 avec un spécialiste pour leur parler des risques des cancers du sein et du col de l’utérus. Cette consultation pourra donner lieu à un suivi personnalisé.

Pourtant, « encore trop peu de femmes ont recours au dépistage organisé« , déplorait en 2017 l’ancienne ministre de la Santé Marisol Touraine. En 2019, elles ont été moins d’une femme sur deux à participer au programme de dépistage pour les 50-70 ans.

Ces dépistages sont essentiels : détecté à un stade précoce, le cancer du sein peut être guéri dans 9 cas sur 10. Mais si les femmes rechignent à se faire dépister, c’est d’abord par peur du « surdiagnostic ». Selon Frederic de Bels, responsable du département dépistage à l’Institut national du cancer : « Entre 10 et 20 % des cancers détectés sont surdiagnostiqués selon les études. Pour une vie sauvée, on surdiagnostique deux à trois patientes. »

Le surdiagnostic est la détection d’une lésion cancéreuse, qui n’est ni mortelle ni importante dans la vie du patient. Elle n’aurait jamais évolué, ou très lentement.

Afin d’éviter ce surdiagnostic et d’améliorer les dépistages, la Société française de sénologie et de pathologie mammaire se penchera en novembre sur ces questions. Quelques pistes sont évoquées, comme l’utilisation de l’intelligence artificielle et des testes génétiques.

Les femmes sont-elles les seules touchées ?

Les femmes ne sont pas les seules touchées. Mais les cas de cancer du sein chez l’homme ressent exceptionnels, soient d’environ 1%.

Pour en savoir plus, à Lille, une journée d’information et de prévention du cancer du sein sera mise en place mercredi 16 octobre 2019, dans le hall de l’hôpital Saint Vincent.

Marion Fontaine

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