Environnement. Les antispécistes se lancent dans la désobéissance civile

Aujourd’hui, des militants antispécistes du monde entier sont appelés à se mobiliser pour réclamer une Déclaration des droits des animaux. Une action de désobéissance civile non violente a eu lieu à Lille devant le Conseil régional.

« Des droits pour tous les animaux ». Devant le Conseil régional à Lille, les militants antispécistes ont écrit leur principale revendication en lettres rouges sur une pancarte. A leur arrivée, le rideau de établissement se baisse.

S’ils font d’habitude de la sensibilisation auprès des habitants à Lille, ils ont aujourd’hui choisi de faire une action de « désobéissance civile non violente » devant un lieu symbolique, où se prennent les décisions politiques. Une forme de test de ce mode d’action.

On ne le fait pas pour le romantisme du concept

Agathe, militante antispéciste

« Ça n’a pas encore été beaucoup fait par les antispécistes. On veut voir si ça fonctionne, on ne le fait pas pour le romantisme du concept », précise Agathe, militante antispéciste lilloise. Pancartes et chants à l’appuie pour réclamer justice et liberté pour les animaux, les militants bloquent l’entrée du Conseil régional.

Les militants réclament une Déclaration des droits des animaux, la Loi de Rose.

Si la désobéissance civile se définit à l’origine comme un refus non violent de se soumettre à une loi jugée injuste bien que légale, le site de la Loi de Rose – autre nom pour la Déclaration des droits des animaux réclamée par le mouvement – voit ce mode d’action comme un moyen d’ « interrompre le fonctionnement normal de la société ».

« C’est à mi-chemin entre la sensibilisation et des actions plus offensives, explique Agathe, pancarte à la main, une action non-violente, pacifique mais qui dérange ».

Un procédé utilisé par les écologistes

La désobéissance civile est particulièrement utilisée par les militants écologistes. En témoigne le développement, depuis 2018, d’Extinction Rébellion, qui en a fait son mode d’action principal. Ils alertent sur le changement climatique et l’effondrement écologique et sont présents dans plus de cinquante pays.

Les « décrocheurs » des portraits d’Emmanuel Macron s’inscrivent également dans une action de désobéissance civile, menée par Action non-violente COP21. Celle-ci avait eu lieu pour dénoncer une réaction insuffisante à la suite de l’« Affaire du siècle », une pétition qui avait réunie près de deux millions de signatures et qui attaquait l’État sur son inaction face au changement climatique. Les « décrocheurs », poursuivis en justice, ont plaidé la désobéissance civile. Certains condamnés, d’autres relaxés, tous ont au moins gagné sur un point : la visibilité de leurs action et revendications.

Marie SÉNÉCHAL

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