Environnement. Les pailles en plastique, ce n’est plus automatique

Elles seront interdites en France à partir du 1er janvier. Les restaurateurs et patrons de bars s’adaptent pour proposer des solutions alternatives à leurs clients. À Lille, certains se sont déjà mis au jour.

« On n’utilise déjà plus de pailles. Les clients s’adaptent et boivent sans », affirme Julie, serveuse dans un bar-restaurant du centre-ville. Dans un autre café, les pailles sont toujours utilisées, tant que l’interdiction n’est pas en place.

D’autres les ont remplacées par des solutions plus originales, mais pas toujours plus écologiques. Par exemple des pailles en bambou, fabriquées à Bali, qui voyagent sur des milliers de kilomètres avant d’arriver dans notre bouche. Ou encore des pailles en noyau d’avocat, provenant du Mexique. Si elles se dégradent dans la nature plus rapidement que celles en plastique (qui ont besoin d’au moins quatre siècles), leur empreinte carbone est loin d’être meilleure. Autre solution : les pailles en inox, fabriquées en Chine, qui ont quand même l’avantage d’être réutilisables. Finalement, le plus simple reste de se passer de paille, ce qui risque bien de devenir la norme.

Ce qui représenterait une importante différence pour les océans, dans lesquels se retrouve une grande partie des déchets plastiques. On estime en effet que, chaque année, 36,5 milliards de pailles sont utilisées dans l’Union européenne (UE), dont 3,2 milliards juste pour la France.

Des pailles en pâtes ont également fait parler d’elles. L’idée est simple : des spaghettis épaisses et creuses, qui s’utilisent en tant que paille avant de pouvoir être mangées. Elles sont notamment utilisées au Lokarria, un bar de Lille qui se veut le plus écologique possible.

Une tendance mondiale à bannir le plastique

Les pailles en plastique font en effet partie d’une catégorie d’objets plus large : les plastiques à usage unique. Selon l’UE, il s’agit d’un « produit fabriqué entièrement ou partiellement à partir de plastique et qui n’est pas conçu, créé ou mis sur le marché pour accomplir, pendant sa durée de vie, plusieurs trajets ou rotations en étant retourné à un producteur pour être rempli à nouveau ou réutilisé pour un usage identique à celui pour lequel il a été conçu ». Cette catégorie inclut également les gobelets, les cotons tiges, les sacs plastiques, la vaisselle en plastique ou encore les emballages en polystyrène comme ceux utilisés par les kebabs. Ces objets viennent d’être interdits en Inde. L’UE donne à ses membres jusqu’en 2021 pour les éliminer de la circulation.

En 2002, le Bangladesh a été le premier pays à interdire les sacs plastiques. Depuis, une cinquantaine de pays l’ont suivi.

De manière générale, ce sont les États insulaires (des Caraïbes et du Pacifique notamment) qui sont le plus en avance, puisqu’ils sont souvent en première ligne face à l’explosion du nombre de déchets. En République Dominicaine, depuis cette année tout le plastique et polystyrène à usage unique est banni.

Côté Union européenne, les restaurateurs lillois ont un exemple dont ils peuvent s’inspirer : l’Irlande, qui a interdit les pailles depuis 2018.

M.P.

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