Médias. Depuis un an, trente-six journalistes tués à travers le monde

Le journaliste saoudien Jamal Khashoggi a été tué le 2 octobre 2018 au consulat saoudien à Istanbul en Turquie. Chaque année, le site Reporters sans frontières (RSF) recense les journalistes tués pour leur travail. Depuis le 2 octobre 2018, ils sont trente-six à avoir été assassinés dans le monde.

C’est souvent parce qu’ils contestent leur régime qu’ils se font assassiner. Chaque année, Reporters sans frontières (RSF), organisation de défense de la liberté de la presse, recense des dizaines de journalistes tués pour leur activité de journaliste dans le monde.

Il y a un an, Jamal Khashoggi était tué par un commando saoudien dans le consulat d’Arabie Saoudite à Istanbul. Journaliste opposant au régime, il avait notamment été rédacteur en chef du quotidien national libéral Al Watan. L’enquête est toujours en cours concernant les commanditaires de son assassinat mais c’est sur le prince héritier d’Arabie Saoudite, Mohammed ben Salmane, que les soupçons se portent.

Une pierre commémorative à la mémoire du journaliste saoudien a été inauguré aujourd’hui devant le consulat saoudien à Istanbul lors d’une cérémonie en présence de Jeff Bezos, propriétaire du Washington Post, journal avec lequel le journaliste saoudien collaborait.

Onze journalistes assassinés au Mexique

Le Mexique arrive largement en tête des pays dans lequel il ne fait pas bon être journaliste. Depuis un an, ils sont onze a avoir été assassinés, selon RSF. Le Mexique est suivi par le Pakistan avec quatre journalistes tués recensés. Un chiffre bien moins élevé.

Le Mexique, 144e pays sur 180 dans le classement sur la liberté de la presse, est le pays le plus dangereux d’Amérique latine pour les médias. « La collusion entre le crime organisé et certaines autorités politiques et administratives menace gravement la sécurité des acteurs de l’information, explique Reporters sans frontière, dès lors qu’ils s’intéressent de trop près aux affaires gênantes et au crime organisé, les journalistes sont menacés, réprimandés, voire exécutés de sang-froid ».

S’agissant du Pakistan, Reporters sans frontières fait état d’un « establishment militaire qui ne tolère pas l’exercice indépendant du journalisme », situation qui s’est accrue avec les élections générales de juillet 2018 qui ont fait de Imran Khan le Premier ministre du pays.

L’Arabie Saoudite, 172e sur 180 au classement de la liberté de la presse de RSF en 2019, ne compte que Jamal Khashoggi parmi les journalistes assassinés. Il n’empêche que les journalistes connaissent la répression. « Depuis 2017, le nombre de journalistes et de journalistes-citoyens derrière les barreaux a plus que triplé », affirme RSF. L’organisation de défense de la liberté de la presse a d’ailleurs organisé une action hier devant le consulat d’Arabie Saoudite en France, en faveur de la libération des journalistes saoudiens. Selon RSF, au moins trente journalistes sont actuellement emprisonnés en Arabie Saoudite.

Marie SÉNÉCHAL et Anne-Laure JUIF

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