Politique. Sylvie Goulard en difficulté face aux eurodéputés

Sylvie Goulard passe ce mardi 2 octobre son grand oral pour devenir commissaire européenne. Un examen délicat en raison de ses piges à 10 000€ par mois et de l’affaire des assistants parlementaires du MoDem.

La candidate française au portefeuille de commissaire européenne au marché intérieur est, en ce moment, auditionnée par les commissions du Parlement européen chargées des mêmes dossiers. La Française, pressentie pour gérer le marché intérieur, l’industrie et la défense, fait face à des critiques croissantes des eurodéputés. Pour être élue, elle devra obtenir la majorité des deux tiers au sein des commissions parlementaires et donc le soutien des socialistes, des conservateurs et des Verts en plus de son parti européen Renew. Face aux eurodéputés, elle appelle au « respect de la présomption d’innocence« . De nombreux observateurs soulignent sa difficulté à se défendre face aux nombreuses critiques liées à ses affaires.

De multiples affaires

L’ancienne ministre des Armées a, entre octobre 2013 et janvier 2016, travaillé pour l’Institut Berggruen, un think tank, en tant que consultante tout en étant élue au Parlement européen.

Pour son travail de consultante, elle percevait un revenu de 10 000€ brut par mois. Sur les trois derniers mois de 2013 et janvier 2014, sa rétribution s’élevait même à plus de 12 000€ par mois, selon sa déclaration d’intérêts. Une rémunération supérieure à celle d’un parlementaire européen, qui s’élève à 8 700€ mensuels.

Dans le second rapport qu’elle a publié pour le think tank, on remarque que l’attachée de presse associée par l’Institut Berggruen n’était autre que la collaboratrice parlementaire de l’époque de Sylvie Goulard, Heather Bailey. Un détail qui tend à montrer que l’eurodéputée utilisait les moyens du Parlement européen pour sa communication. Cette pratique, pas illégale au vu du règlement européen, pourrait tendre à disparaître pour éviter ce genre de scandale.

Une autre affaire, celle des emplois fictifs du MoDem, touche l’ancienne ministre. Une information judiciaire a été ouverte pour « abus de confiance, recel d’abus de confiance et escroqueries ». Le MoDem est soupçonné d’avoir utilisé des crédits européens pour rémunérer des assistants parlementaires d’eurodéputés au service du parti.

Paul MONTELS avec AFP

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