Rugby. Lille, bientôt ville phare du rugby français ?

Ville hôte de la prochaine Coupe du monde en 2023, Lille et sa métropole se mettent à l’heure du rugby. Tour d’horizon de l’ovalie nordiste.

Depuis maintenant trois ans, la Métropole Européenne de Lille (MEL) investit dans plusieurs dispositifs sportifs et structures d’ampleur pour le rugby. Le stade Pierre Mauroy accueillera, par exemple, quatre matchs de la Coupe du Monde 2023 après avoir accueilli les demi-finales du Top 14 plusieurs fois ces dernières saisons. « On adore le rugby dans le Nord et on l’a bien montré à nos décideurs qui nous attribuent des grands évènements », confirme Jean-Louis Merfen, vice-président de la Ligue de rugby des Hauts-de-France. Dernier exemple en date, la ville se réjouit d’avoir réuni plus de spectateurs pour le match France-Écosse (chez les -20 ans) qu’à Montpellier, une région qui compte six fois plus de licenciés.

Une région de rugby encore en développement

Au niveau régional, le rugby reste en retard par rapport à d’autres régions.  « On reste à la traîne par rapport aux régions du Sud », explique le président de l’Iris Club, Guillaume Blanc. Avec huit clubs dans la métropole, 64 au niveau régional, il est difficile de rivaliser avec des villes comme Toulouse qui compte 27 clubs rien que sur l’agglomération.

Autre point noir, le niveau des clubs nordistes : parmi les huit clubs lillois, seul celui de Marcq-en-Baroeul est « bien » classé. Le club évolue en Fédérale 2, l’équivalent de la quatrième division. Après deux matchs, le bilan est parfait avec deux très larges victoires. Essentiellement composé de jeunes nordistes, le club est parti en reconquête après la chute du Lille Métropole Rugby (LMR).

Le LMR avait déposé le bilan en 2016 quelques mois après avoir obtenu une montée historique en Pro D2. « Il ne suffit pas d’avoir l’installation, il faut le savoir-faire », confirme Jean-Louis Merfen pour rappeler que les clubs doivent d’abord se structurer. Avec son stade de 18 000 places, le club et la MEL se sont donnés les moyens de replacer le Nord sur la carte du rugby. « La Métropole européenne de Lille (MEL) nous a demandé de prendre le relais du LMR car on était l’équipe la mieux placée sportivement et parce qu’on avait l’image d’un club bien géré », explique à l’AFP Frédéric Alluin, président du club. L’objectif est clair : rejoindre la Pro D2 d’ici 2023, année de la Coupe du monde en France. Pour cela, le club s’appuie sur ses 500 jeunes licenciés.

La formation et les filles au cœur du développement

Pour se développer, de nombreux clubs se sont tournés vers la formation. Les écoles de rugby du Nord font le plein comme à l’Iris Rugby Club où plus de 100 jeunes entre 6 et 14 ans s’entraînent. « Les résultats jusqu’aux U12 ne m’intéressent pas. L’essentiel est le plaisir de pratiquer », souligne le président du club, Guillaume Blanc. Autre exemple, le week-end dernier, le club présentait sept joueurs de l’équipe première issus de son école de rugby, une fierté pour le président.

Pour rayonner, le Nord s’appuie également sur les « putains de nanas », les joueuses du LMRCV. Championnes en 2016, elles sont au cœur du projet rugbystique dans le Nord. Dernièrement, le club vient de créer un centre de formation pour les jeunes joueuses entre 18 et 22 ans. Après une année de transition (élimination en demi-finale), le club souhaite repartir de l’avant malgré les ogres sudistes du championnat : le Stade Toulousain et Montpellier.

Si la région accuse toujours un retard sur le Sud, les engagements politiques et sportifs des différents acteurs régionaux poussent à un développement accéléré des clubs. Rendez-vous donc en 2023, pour le premier match d’une Coupe du monde de rugby à Lille.

Paul MONTELS et Lina TAGHY

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