Société. « Marche de la colère » : les policiers manifestent à Paris

À l’appel de l’intersyndicale, des milliers de policiers ont défilé dans les rues de Paris aujourd’hui. En cause : la hausse des suicides, la réforme des retraites, le manque de moyens et de considération. Secrétaire régional du syndicat de police Alliance, Bruno Noël a répondu au micro du Chemin du Nord.

« Il y a essentiellement des policiers, mais également des membres d’associations et des épouses de collègues qui se sont suicidés. Nous sommes plus de 20 000, ça montre bien l’état de colère et de mécontentement dans lequel se trouvent les policiers aujourd’hui. » Interrogé par le Chemin du Nord, le secrétaire régional du syndicat Alliance participe à la « marche de la colère » à Paris. Il s’agit de la plus grande mobilisation policière depuis près de 20 ans.

Parti de la place de la Bastille en début d’après-midi, le cortège s’est dirigé vers la place de la République. Selon les organisations syndicales, environ 26 000 policiers étaient présents dans la capitale ce mercredi. Soit près de 20% des 150 000 policiers français.

« Nos principales revendications, ce sont les conditions de travail. Il faut les améliorer. Notre mobilier, nos véhicules et nos locaux sont inadaptés, hors d’usage, explique le policier. On veut également une réponse pénale à l’agression des policiers. Il faut des signes forts de la justice. »

52 suicides cette année

Depuis le début de l’année, on décompte 52 suicides au sein de la police. Un chiffre vertigineux qui serait dû à l’usure opérationnelle du corps policier. Selon les forces de l’ordre, la réforme des retraites couplée à l’encadrement des manifestations de gilets jaunes et aux débordements afférents seraient à l’origine de la manifestation de ce mercredi.

« J’espère que le gouvernement nous entendra. Faute de quoi il s’exposera à d’autres actions, probablement plus importantes », conclut Bruno Noël.

Du côté du gouvernement, le ministère de l’Intérieur met en avant les efforts budgétaires consentis depuis le début du mandat d’Emmanuel Macron, avec la hausse « de plus d’un milliard d’euros » du budget de la police nationale. Il a également promis aux manifestants de recruter 10 000 policiers et gendarmes.

Antoine MORIN

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