Culture. La maison natale de Charles de Gaulle se refait une beauté

La demeure qui a vu naître Charles de Gaulle, dans le Vieux Lille, va fermer pendant un an. Victime de son succès, la bâtisse de la rue Princesse est très endommagée et a besoin d’une longue remise en forme.

« Avec l’âge, c’est toujours l’enfance qui prédomine, et si je pouvais être moi-même, ce serait probablement rue Princesse, où je suis né. » Charles De Gaulle avait un attachement profond à sa maison natale, celle de ses grands-parents maternels, située dans le Vieux-Lille. Il y a presque 130 ans, le nourrisson venait au monde, grâce aux soins du docteur Van Peteghem au premier étage d’une maison bourgeoise, au 9, rue Princesse. Son berceau et sa robe de baptême y sont toujours, comme des reliques. Mais cette demeure datant du XIXème siècle, commence à souffrir de la forte affluence de visiteurs. Cette maison d’enfance emblématique attire beaucoup d’étrangers, ils représentent un quart des visiteurs, c’est un incontournable de la visite de Lille. Mais la demeure familiale du général de Gaulle va fermer ses portes au public pour un an, le temps de se refaire une beauté.

La maison qui était gérée par la Fondation Charles de Gaulle est passée en 2014 sous la coupe du Département. Un changement qui a permis au lieu de se développer, passant d’une exposition temporaire par an à deux ou trois, et de trois employés à cinq. Résultat : la fréquentation est passée de 10 000 personnes à 18 000 en cinq ans. Une augmentation qui pèse lourd sur le plancher de cette demeure du XIXème siècle. « Cette structure n’est bien sur, pas faite pour accueillir 18 000 personnes… », explique Eloi Ayello, médiateur culturel. Pourquoi une fermeture si longue ? « Les réparations à faire sont lourdes et doivent s’échelonner. On ne peut pas faire les boiseries, en même temps que le parquet ou les huisseries… les spécialistes interviennent chacun sur des périodes bien distinctes. »

Tourisme ou préservation du patrimoine

L’équilibre entre tourisme et préservation du patrimoine est toujours très fragile. Faut-il attirer toujours plus de monde, et prendre, du même coup, le risque d’endommager le lieu ? Une question à laquelle les employés du musée peinent à répondre. « En l’ouvrant au public, on l’abîme, admet Eloi Ayello, mais c’est un moyen essentiel pour parler d’Histoire et de culture aux jeunes. » Si la maison ne court pas les mêmes risques que le château de Versailles qui accueille 4,5 millions de visiteurs par an, la question de l’usure se pose dans un lieu, construit il y a plus de 200 ans pour accueillir une seule famille.

La phase de rénovation d’un an qui commencera dès le mois de novembre, devrait permettre à la maison d’ouvrir plus belle encore, le 22 novembre 2020… à l’occasion des 130 ans de la naissance de Charles de Gaulle, le petit Lillois de Paris.

S.V.

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