Lubrizol. Le flou persiste sur la présence d’amiante

En conférence de presse jeudi, le préfet de Seine-Maritime a reconnu que des fibres d’amiante libérées par l’incendie de l’usine Lubrizol pourraient se retrouver dans l’air rouennais, tout en assurant que les analyses dans trois communes voisines n’avaient pas révélé la présence de ces fibres.

Une semaine après l’incendie de l’usine Lubrizol de Rouen, Pierre-André Durand , le préfet de Seine-Maritime est revenu sur la présence potentielle d’amiante autour du site classé Seveso. Sans dissiper le flou autour des traces de ce composant.

Le préfet a reconnu que des fibres de ce matériau hautement toxique pourraient se trouver dans l’air, mais pas dans trois communes au nord-est de Rouen. Les analyses conduites à Quincampoix, Bihorel et Isneauvil n’avaient pas révélé de traces de fibres d’amiante. Mercredi, le journaliste Hugo Clément avait affirmé que des débris contenant de l’amiante avaient été retrouvés à Rouen après l’incendie.

Le préfet a également sommé Lubrizol et Normandie Logistique de fournir les causes de l’incendie et de prendre en charge les dégâts causés. Plus tôt cette semaine, l’entreprise avait porté plainte pour « destruction involontaire par explosion ou incendie« , affirmant que le feu aurait démarré à l’extérieur du site.

Les résultats de nouvelles analyses attendus en fin de semaine

Aux côtés du préfet, le directeur de la DREAL (Direction régionale de l’environnement, de l’aménagement et du logement) a tenté d’éteindre la polémique sur les travaux d’extension du site de Lubrizol. « C’était une extension conforme aux textes de loi« , a affirmé Patrick Berg. Le site Actu Environnement avait accusé lundi le préfet d’avoir autorisé en début d’année une augmentation de la capacité des produits dangereux dans l’usine sans demander d’aménagements de sécurité.

Les résultats de nouvelles analyses sur les suies retombées après l’incendie sont attendues en fin de semaine. Elles permettront selon le préfet d’en savoir un peu plus sur leur teneur éventuelle en métaux et en dioxine, un autre produit toxique. Le risque principal concerne l’ingestion éventuelle de ce composant selon l’Agence régionale de santé en Normandie.

Jeudi matin, le président du Sénat, Gérard Larcher, a annoncé le lancement d’une commission d’enquête, qui sera notamment chargée de vérifier si les procédures de sécurité des sites Seveso sont toujours adaptées.

Sami SADIK

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