Quatre fois où Trump et son administration ont utilisé la diplomatie pour des affaires internes

Le président Trump a déclaré jeudi à la presse sur la pelouse de la Maison-Blanche que si  » l’Ukraine était honnête, ils devraient enquêter les Biden « . Il a également rajouté que la Chine devrait ouvrir une enquête sur Joe et Hunter Biden.

1. L’appel téléphonique entre Trump et Zelensky

En juillet, le président des États-Unis a téléphoné au président ukrainien Volodymyr Zelensky pour le féliciter de sa victoire aux législatives.

Durant cette conversation avec Zelensky, Trump aurait demandé à son homologue ukrainien d’ouvrir une enquête sur les activités de Hunter Biden, le fils de Joe Biden, ancien vice-ministre sous l’administration Obama. Celui-ci est également en tête aux primaires démocrates avec 25% des sondages, pour les présidentielles de 2020. La Maison-Blanche a publié la transcription de la conversation pour répondre aux critiques. 

La présidente démocrate de la Chambre des représentants Nancy Pelosi a annoncé le 22 septembre, lors d’une conférence de presse, l’ouverture d’une enquête formant la première étape d’une procédure de destitution visant Donald Trump. Elle accuse Trump d’avoir trahi son serment d’office ainsi que la sécurité de la nation en cherchant à enrôler une puissance étrangère pour ternir un rival dans son propre intérêt politique.

Cette enquête parlementaire est le produit d’un rapport de 9 pages d’un lanceur d’alerte qui accuse le président d’abus de pouvoir. 

2. Mike Pompeo accusé de bloquer l’enquête du Congrès

Le secrétaire d’état est accusé par les parlementaires démocrates de bloquer l’enquête du Congrès, en s’opposant à la divulgation d’informations qui pourraient faire la lumière sur l’appel téléphonique entre Trump et Zelensky. 

Des législateurs ont aussi accusé le département d’État d’obstruction. Ils seront aussi les premiers à témoigner pendant leur enquête.

M. Pompeo et son département d’État sont également accusés d’avoir participé à un effort visant à faire pression sur l’Ukraine pour qu’elle enquête sur l’ancien vice-président Joseph R. Biden Jr et son fils.

D’après des législateurs, M. Trump et ses représentants ont décidé de suspendre l’aide militaire (alors approuvée par le Congrès) en échange d’une aide du gouvernement ukrainien pour miner la campagne présidentielle de M. Biden.

3. Mueller investigation : Donald Trump et Scott Morrison

Le président Trump aurait essayé de convaincre le premier ministre australien, Scott Morrison, d’aider le procureur général William P. Barr à recueillir des informations dans le cadre d’une enquête menée par le ministère de la Justice. Le but de l’enquête aurait été de discréditer le travail du procureur Mueller, selon deux responsables américains au courant de cet appel.

La Maison-Blanche aurait restreint l’accès à la transcription de l’appel avec M. Barr, ministre de la Justice, à un petit groupe d’assistants. Le Washington Post a reporte que cette restriction est inhabituelle et similaire à la gestion d’un appel lancé en juillet avec le président ukrainien, qui est au cœur de l’enquête de destitution des démocrates de la Chambre.

4. Mueller investigation : Barr et les italiens

Le quotidien italien Corriere della Sera a reporté que le ministre américain de la Justice, William Barr, a tenu au moins deux réunions avec des agents des services de renseignements italiens à Rome vendredi. Il cherchait à retracer les origines de l’enquête du FBI sur la collusion présumée de la Russie dans la campagne électorale présidentielle de 2016 de Donald Trump, selon les médias italiens.

Barr et le procureur américain John Durham auraient aussi rencontré les fonctionnaires italiens après avoir obtenu l’autorisation du Premier ministre italien. 

Le Guardian a lui indiqué que l’enquête de Barr à Rome avait pour but de déterminer si l’Italie avait joué un rôle dans l’affaire Mueller. La question principale tournait autour de la présence de documents secrets obtenus sur Joseph Mifsud, un professeur maltais. Ce dernier aurait dit à George Papadopoulos, ancien assistant de campagne de Trump en 2016 que le Kremlin détenait des milliers d’e-mails d’Hillary Clinton qui pourraient aider Trump dans sa campagne.

Mourad KAMEL

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