Réforme des retraites. les coulisses du déplacement d’Emmanuel Macron à Rodez

Reporté d’une semaine après le décès de l’ancien président, Jacques Chirac, le déplacement d’Emmanuel Macron à Rodez jeudi soir lancera la consultation sur la réforme des retraites. Dans l’Aveyron, le chef de l’Etat sera face à 600 lecteurs du groupe La Dépêche du Midi. Choix du département, inscriptions et coût de l’événement, rien n’a été laissé au hasard.

Emmanuel Macron debout dans une salle des fêtes, au milieu de plusieurs centaines de personnes, micro en main. Plus de six mois après la fin du Grand débat national, le chef de l’Etat a choisi la même recette pour lancer la consultation sur la délicate réforme des retraites. A une différence près : le public sera composé de lecteurs des journaux du groupe La Dépêche du Midi.

Un événement co-construit selon le titre de presse régionale. « Le débat vient d’une idée commune entre la direction générale de La Dépêche et l’Elysée », explique Paul Caraci, chef de la rédaction du journal occitan. Le choix de l’Aveyron offre aussi un terrain favorable à Emmanuel Macron : 25% puis 73% des voix aux deux tours de l’élection présidentielle, deux députés marcheurs élus sur trois circonscriptions et 24% aux élections européennes, cinq points devant le Rassemblement national.

La visite d’Emmanuel Macron à Rodez commencera d’ailleurs par une cérémonie avec le maire de la ville, Christian Teyssèdre, l’un des premiers élus socialistes à avoir rallié l’ex-ministre de l’économie. Il doit recevoir les insignes de chevalier de la Légion d’honneur.

Une salle représentative ?

Principal enjeu du débat, la composition du public face au chef de l’Etat. Sur les réseaux sociaux, l’opposition a dressé le portrait d’une salle acquise à Emmanuel Macron.

Une théorie démentie par le comité local de la République en marche. « Si des marcheurs sont présents dans la salle, c’est à titre personnel, il n’y avait aucune incitation à s’y immiscer, c’est même l’inverse et hier soir j’ai encore communiqué cela aux adhérents du département », affirme Jean-François Rousset, référent LREM dans l’Aveyron.

Les inscriptions étaient gérées par La Dépêche du Midi, via un formulaire publié en ligne le 23 septembre. Pas de quoi convaincre Patrick Cabandé, l’un des responsables de l’union locale CGT de Villefranche-de-Rouergue. « Je ne pense pas qu’il y aura des militants CGT dans la salle. La Dépêche organisait les inscriptions, j’imagine qu’ils ont trié », explique le syndicaliste. Avec plusieurs autres organisations, le syndicat aprévu un contre-rassemblement à Rodez avant le début des échanges.

En tout, 800 personnes s’étaient inscrites comme l’a rappelé Olivier Biscaye, rédacteur en chef du quotidien régional et modérateur du débat, jeudi matin sur BFM TV. Mais dans la salle des fêtes de Rodez, ils ne seront que 600 à pouvoir interroger Emmanuel Macron.

« Le principe du premier arrivé premier servi a été appliqué tout en privilégiant nos abonnés et ceux des autres titres du groupe La Dépêche du Midi (comme Centre Presse et Midi Libre) », explique Paul Caraci. Le service marketing du groupe de presse a aussi trié les inscrits, « en fonction de l’âge par exemple, le sujet intéresse beaucoup les futurs retraités, mais il y aura aussi des jeunes dans la salle », ajoute le secrétaire général de la rédaction du titre, refusant d’en dire plus.

Un coût réparti

Chez La République en Marche, on réfute toute intervention présidentielle dans le choix des personnes présentes. « L’Elysée et les marcheurs ne sont pas intervenus pour sélectionner les personnes présentes pour avoir un parterre acquis à la cause du président », jure Jean-François Rousset.

A l’issue des échanges qui devraient dépasser trois heures, les 600 participants pourront profiter d’un « cocktail dinatoire », comme indiqué sur le formulaire d’inscription. Un verre et d’autres frais répartis entre le quotidien et la mairie. « Le coût est partagé », confirme Paul Caraci. Après une première étape à Rodez, la consultation sur la réforme des retraites devrait durer jusqu’à la fin de l’année.

Sami SADIK

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